Contexte du marché de la microfinance au Bénin
Le Bénin est, sur le plan de la microfinance, un des pays les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest . Les initiatives y sont légions, couvrant toute la gamme des méthodologies généralement utilisées. Les services financiers comprennent généralement l’épargne et le crédit . Certaines institutions de microfinance proposent également des services d’assurance et de paiement. Au-delà de leur fonction d’intermédiation financière, un grand nombre d’institutions de microfinance jouent un rôle d’intermédiation sociale à travers le groupement de personnes, le renforcement de la confiance en soi, la formation dans le domaine financier et la gestion des compétences au sein d’un groupe .
On peut dénombrer quelques 39 institutions formelles ayant des activités de micro crédits et des milliers de petites initiatives. Selon la Loi PARMEC , toutes ces institutions doivent choisir d’entrer dans un cadre mutualiste ou de signer une convention avec le Ministère des Finances.
Parmi ces 39 IMFs, on a :
- 27 Organisations non Gouvernementales,
- 10 mutuelles ou coopératives,
- 1 dépend de la chambre de commerce.
- Un dernier, le PADME, a choisi un statut transitoire d’association en attendant une orientation statutaire plus durable.
Au
plan géographique , la plus grande partie des SFD
opérant au Bénin se retrouvent dans l’Atlantique (23) et
le Mono (10). Les régions du Nord du Bénin sont moins fréquentées
par les institutions de microfinance qui prennent en compte
les coûts élevés d’intermédiation en zones rurales ou éloignées
de la capitale.
Une grande partie des institutions (31) se sont regroupées au sein du Consortium ALAFIA, qui associe également des institutions togolaises.

Positionnement et clientèles cibles
Au Bénin les IMFs ou SFD ont deux (02) approches de financement suivant lesquelles ils proposent leurs services aux bénéficiaires : l’approche mutualiste et l’approche solidaire.
L’approche mutualiste insiste sur le couple "épargne/crédit" avec des modalités bien définies et repose sur les principes de l’épargne préalable et du sociétariat. Le crédit est octroyé à des individus considérés comme sociétaires donc dépendant les uns des autres.
L’approche solidaire est caractérisée par le modèle de la "Grameen Bank" fondé sur le principe du crédit sans épargne qui, plutôt se constitue progressivement suivant la courbe de développement de l’activité.
De façon opérationnelle, on distingue quatre (04) types d’institutions de micro finance :
- les mutuelles d’épargne et/ou de crédits , parmi lesquelles on peut citer la FECECAM qui regroupe 96 caisses, la FENACREP avec environ 67 caisses constituées sur une base villageoise, le CBDIBA constitué à partir des CAVECA, etc.,
- les institutions de crédit direct que sont le PADME, le PAPME, la VITA FINANCE , la FINADEV , filiale de la Financial Bank et constituée sous forme de société anonyme avec constitution d’un capital social ;
- les Organisations Non Gouvernementales ( ONG ) qui exercent des activités de microfinance pour le compte des populations à la base ;
- enfin, des programmes ou projets à volet micro finance installés dans des zones défavorisées et qui soutiennent des initiatives à la base.
Ces deux dernières catégories fonctionnent souvent en marge de la Loi PARMEC et ne s’insèrent pas dans ce cadre institutionnel.
On estime aujourd’hui à plus de trois cents (300) le nombre d’institutions exerçant dans la petite finance.
Intermédiation entre les organismes de microfinance
Au sein de l’industrie de la microfinance, certaines institutions collectent de la petite épargne et la transforment en respectant des limites prudentielles (70 à 85%). Faute d’autres possibilités, les excédents sont placés dans les banques commerciales qui les recyclent en zone urbaine pour financer les entreprises de taille moyenne et les grandes entreprises fortement demandeuses de crédit.
Répertoire des IMF édition juillet 2005
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