La salle de Conférence du Ministère de l’Economie et des Finances a servi de cadre à la passation de service entre Pascal Irenée KOUPAKI, Ministre d’Etat et chargé de l’intérim du Ministre de l’Economie et des Finances et Idriss L. DAOUDA, Ministre entrant de l’Economie et des Finances.
Lisez l’intégralité des discours des deux Ministres ci-dessous :
Discours de M. Pascal Irenée KOUPAKI
Monsieur le Ministre de l’Economie et des Finances ;
Mesdames et Messieurs les invités du Ministre de l’Economie et des Finances ;
Madame et Messieurs les Directeurs de Cabinet, Directeurs Généraux, Centraux et Techniques ;
Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs ;
Le jeudi dernier 11 juin 2009, je recevais des mains du Ministre de l’Economie et des Finances sortant, dans cette enceinte, les dossiers d’Etat. Je n’avais pas du tout pris service car, je n’avais pas été nommé Ministre de l’Economie et des Finances par intérim. J’ai seulement été désigné par le Chef de l’Etat pour assurer l’intérim en attendant la nomination formelle de Monsieur Idriss L. DAOUDA, en tant que Ministre de l’Economie et des Finances.
Cet après-midi du jeudi 18 juin 2009, je lui transmets tous les dossiers du jeudi dernier et quelques dossiers de l’intérim que j’ai assuré.
Il n’y a pas donc pas d’ambiguïté ; le Ministère de l’Economie et des Finances n’a pas changé de commandement plusieurs fois mais, bien une seule fois depuis le départ du Ministre de l’Economie et des Finances sortant. Et c’est bien cet après-midi.
Monsieur le Ministre,
Vous n’avez pas voulu prendre fonction plus tôt, parce que vous êtes attaché aux règles de bonne gouvernance ; vous avez tenu à lever les incompatibilités entre vos fonctions dans le secteur privé et la fonction de Ministre de l’Economie et des Finances. C’est un excellent exemple de bonne gouvernance que vous venez ainsi de donner au monde des affaires et cercle politique ; et c’est tout à votre honneur.
Cela dit, Monsieur le Ministre de l’Economie et des Finances, vous vous rappelez certainement le lundi 10 avril 2006, vous étiez mon invité dans cette même salle, à la cérémonie de passation de service entre le Ministre des Finances sortant d’alors et moi-même. Vous étiez là aussi le 19 juin 2007, à ma passation de service. Aujourd’hui, c’est le troisième rendez-vous en ce même lieu, et je vous remets les clés de ce même ministère. C’est bien votre destin, qui croise ainsi le mien en de nombreuses rencontres. Et ceci, depuis 1963, 46 ans.
Mesdames et Messieurs,
Je ne pense pas me tromper en disant que le Chef de l’Etat, le Docteur Boni YAYI a fait appel à un homme d’expérience, avisé dans les questions économiques, budgétaires, financières et monétaires. La conjoncture économique et financière que traverse notre pays, qui doit gérer les effets de la crise économique internationale, appelle des responsabilités nouvelles face aux nouveaux défis dans le domaine des finances publiques, de la rigueur budgétaire, de la promotion du secteur privé, du partenariat public-privé, de la maîtrise des coûts économiques. Ce qui vous attend donc, c’est l’accomplissement du devoir et l’exercice de responsabilité dans un contexte économique international morose. Je suis sûr que vous pariez, comme moi, que le gouvernement retournera la conjoncture, avec l’Administration publique et le secteur privé.
L’enjeu est bien celui du développement, de la qualité des politiques publiques dont les populations attendent des retombées.
Vous connaissez les défis, vous maîtrisez les enjeux. La vision du Chef de l’Etat est celle de l’émergence économique, par étapes d’ici à 2025. Je sais que vous partagez cette vision. La méthode, vous l’avez. Je sais que vous affectionnez une phrase qui montre votre souci de l’efficacité et de l’organisation : le diable est dans le détail.
Je connais la plupart des Directeurs du Ministère de l’Economie et des Finances, pour avoir travaillé quelque temps avec eux. Le Ministère dispose de ressources humaines de qualité pour vous accompagner dans la réalisation des objectifs du Gouvernement. Je suis persuadé qu’ils attendent de vous l’impulsion nécessaire pour gérer en finesse, la rigueur budgétaire, la mobilisation accrue de ressources intérieures et l’observation diligente des procédures qui assurent la relance économique.
Monsieur le Ministre
J’ai assuré l’intérim du Ministre de l’Economie et des Finances du 11 juin 2009 à ce jour 18 juin 2009. Durant cette semaine, j’ai liquidé les affaires courantes et je n’ai pris aucun engagement financier nouveau, ni intérieur, ni extérieur. Les activités courantes menées et les éléments d’une politique budgétaire et fiscale rénovée sont consignés dans le dossier que je vous ai remis tantôt.
Monsieur le Ministre, Cher Collègue,
Je voudrais partager avec vous, à l’occasion de la présente passation de charge, une leçon que je tire de l’observation des faits économiques, sociaux et politiques de ces trois dernières années dans notre pays : lorsque la foi et l’espérance ne sont pas au cœur de nos actions quotidiennes, nous manquons l’appel au devoir et le chemin de l’épanouissement collectif.
Monsieur le Ministre,
Que Dieu vous guide par le juste chemin, qu’il vous éclaire à chaque instant pour que vous restiez l’un des acteurs déterminés et engagés de la construction de l’émergence économique dans notre cher pays le Bénin.
Tous mes vœux de réussite vous accompagnent.
Je vous remercie.
Discours de M. Idriss L. DAOUDA
Monsieur le Ministre d’Etat, chargé de la Prospective, du Développement, de l’Evaluation des Politiques Publiques et de la Coordination de l’Action Gouvernementale, chargé de l’intérim du Ministre de l’Economie et des Finances et Cher frère,
Madame la Directrice de Cabinet,
Monsieur le Secrétaire Général du Ministère
Mesdames, Messieurs les membres du Cabinet,
Mesdames, Messieurs les Directeurs centraux, Honorables Invités,
Mesdames, Messieurs les membres du personnel du Ministère de l’Economie et des Finances,
En ce jour qui consacre la cérémonie de passation de service entre mon frère et ami de toujours, Pascal Irenée KOUPAKI, Ministre d’Etat et chargé de l’intérim du Ministre de l’Economie et des Finances, et moi-même, c’est avec un grand plaisir que j’ai l’honneur de prendre la parole devant cette auguste assemblée pour rendre grâce tout d’abord au Tout-puissant qui a permis la réalisation d’un tel événement, témoigner ma gratitude à Son Excellence M. le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, le Dr Boni YAYI, lequel vient de porter son choix sur ma personne en me nommant dans les hautes fonctions de Ministre de l’Economie et des Finances de notre pays.
Je mesure à sa juste valeur l’immensité des tâches difficiles mais probablement exaltantes qui m’attendent. C’est pourquoi, je prie encore le Très Haut qu’il me donne la force nécessaire pour mériter cette confiance dont je viens d’être investi par le Premier Magistrat de la nation, persuadé comme Louis Armstrong que le « titre et le rang ne confèrent ni privilège, ni pouvoir ; ils imposent des responsabilités ».
Monsieur le Ministre d’Etat, Mesdames et Messieurs, Honorables Invités,
Ma prise de fonction intervient dans un contexte difficile où l’économie de notre pays à l’instar de celle des autres pays africains subit de plein fouet les effets de la crise financière et économique internationale.
Cette crise qui pourrait se traduire par un ralentissement marqué de la croissance avec un taux de croissance du PIB réel de l’ordre de 4% selon les dernières estimations du FMI, se manifeste par une baisse substantielle des recettes de l’Etat, en particulier les recettes douanières avec des effets potentiellement néfastes sur l’œuvre de redressement national engagé depuis 2006.
C’est pourquoi en me nommant à la tête de ce département, le Chef de l’Etat m’a confié la mission de poursuivre et de renforcer l’assainissement des finances publiques, et d’assurer une mobilisation accrue des ressources pour le financement des actions, destinées à consolider les bases d’une économie émergente.
Dans ce sens, mes premières actions viseront entre autres :
- l’amélioration des performances des régies financières ;
- la mise en place effective du Guichet Unique ;
- la limitation au strict minimum nécessaire des mesures exceptionnelles d’exécution des dépenses publiques ;
l’amélioration de la gestion informatique des dépenses publiques ;
- la poursuite de l’appui à la gestion axée sur les résultats.
Monsieur le Ministre d’Etat, Mesdames et Messieurs, Honorables Invités,
Depuis que le Bénin a atteint le point d’achèvement au titre de l’initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), plusieurs Partenaires Techniques et Financiers ont soutenu la mise en œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SRP) à travers des Appuis Budgétaires réguliers. La poursuite de ces appuis est nécessaire pour accompagner les efforts de développement économique et social du Gouvernement dans un contexte où environ un tiers de nos compatriotes vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Ces appuis consacrés par un protocole d’accord signé en décembre 2007, lequel s’inscrit dans la logique de la déclaration de Paris et le Plan d’Actions d’Accra sur l’efficacité de l’aide supposent :
- une consolidation du dialogue avec les
Partenaires Techniques et Financiers ;
- une amélioration de la reddition des
comptes ;
- un accroissement du taux de consommation des crédits en particulier
dans les Ministères prioritaires ;
- une amélioration des performances du Système de Passation des Marchés Publics.
En d’autres termes, il s’agit de renforcer les mesures de bonne gouvernance qui participent de l’obligation de rendre compte au citoyen. Tout en remerciant les Partenaires Techniques et Financiers pour ces appuis qui s’exécutent selon les procédures nationales mais aussi pour les autres formes d’assistance, je voudrais les rassurer de ma ferme volonté à mener à bien ces chantiers.
Monsieur le Ministre d’Etat, Mesdames et Messieurs, Honorables Invités,
La tâche, je n’en doute pas, sera ardue et c’est pour cela, que je voudrais à ce stade de mon intervention, m’adresser à ma nouvelle famille professionnelle.
Chers collaborateurs du Ministère de l’Economie et des Finances,
C’est pour moi un honneur et un privilège de vous rejoindre et de servir dans cet important ministère dont l’efficacité, en raison de son rôle transversal, peut affecter favorablement ou négativement les performances de l’ensemble des autres départements.
Ce rôle essentiel et l’atteinte des objectifs que j’ai énumérés tantôt, requièrent l’engagement personnel et résolu de chacune et de chacun d’entre vous. Ces objectifs seront atteints :
- si nous travaillons en équipe soudée, avec rigueur et professionnalisme ;
- si nous épousons les meilleures pratiques de gestion ;
- si nous privilégions l’intérêt général ;
- et si nous acceptons de consentir quelques sacrifices au regard de notre responsabilité collective.
Bien entendu, je compte entretenir avec vous des relations empreintes de confiance et de respect mutuels, assises sur un dialogue permanent devant préserver l’intérêt des différentes parties.
A ces fins, je vous suggère de vous approprier comme moi, cette citation forte de sens d’Albert Einstein qui disait : « N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès mais essayez de devenir qui a de la valeur ».
Monsieur le Ministre d’Etat, Mesdames et Messieurs, Honorables Invités,
Avant de conclure, je voudrais ici rendre un hommage appuyé à mes prédécesseurs, vous-même, Monsieur le Ministre d’Etat qui avez montré le chemin et mon autre frère et ami, le Ministre Soulé Mana LAWANI qui vous y a succédé, pour notre contribution à l’œuvre de redressement national entamée depuis 2006.
Je m’engage à inscrire mes actions dans la poursuite de la construction effective du Bénin émergent.
Mesdames et Messieurs,
Rien de grand ne se construit sans difficulté et comme l’a écrit le philosophe danois Seren Kierkegaard « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin »
Empruntons donc le nôtre avec abnégation, détermination et courage.
Je vous remercie